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Suisse romande et des régions voisines |
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| Emission : Un trésor national,
nos patois
Titre: Le patois vaudois |
Enregistrement: 6 juin 1959 | ||
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1. Introduction (texte)
2. Lo menon dè la dama de Mathou ( Le tour de cou de la dame de Mahod )
de Louis Favrat, dit par Auguste Janin (texte)
3. Aprî lou Terâdze dé Maôdon dé 1950 de et par Henri Dutoit (texte)
4. Le renâ et l’étiâirû (Le renard et l’écureuil) de Jules Cordey, dit
par Henri Dutoit (texte)
5. L’orgolhiâo (L’orgueilleux) de Jules Cordey, dit par Maurice Chappuis
(texte)
6. La piodze (La pluie) de Jules Cordey, dit par Maurice Chappuis (texte)
7. Le prevolet et lo craizu (La lampe et le papillon) de Jules Cordey,
dit par Maurice Chappuis (texte)
Aujourd’hui, Mesdames et Messieurs, chers amis patoisants, notre émission est consacrée au patois vaudois. Tout d’abord, voici l’un de nos doyens - il a 85 ans - M. Auguste Janin, ancien député à la Berallaz-sur-Montheron. Il parle le patois du Jorat, de Savigny plus précisément, et nous donnera lecture de « Lo menon dè la dama de Mathou », donc de Mathod. C’est un croquis de Favrat, paru dans Po recafà
2. Lo menon dè la dama de Mathou de Louis Favrat, dit par Augute Janin
Qu’est-ce ceci pour une histoire ? Attendez voir : laissez-moi la démêler un peu: il faut pourtant que je m’en souvienne. Je vous ai déjà dit qu’il est question de Mathod, d’une dame et d’un minon (menon = ici : grand tour de cou, boa). Avez-vous entendu ? – Bon ! Maintenant (oreindrai = tout droit, directement) écoutez. - Il y avait une fois une dame, qui était bel et bien une dame, car elle portait un minon, une affaire qui est faite de peau de chat. Et ce minon de cette dame, quand bien qu’il eût une dizaine d’année et peut-être plus et qu’il fût un peu usé, il était encore beau et bon pour s’enrouler autour du cou par temps de bise, et la dame le mettait toujours ; et une fois qu’elle l’avait mis, et qu’elle s’en revenait de je ne sais où, et qu’il faisait un vent terrible (dè la metzance = de la malchance, du diable), le minon se détacha de son cou, et le vent l’emporta (tsanpa via = pousser, jeter loin de), et voici la dame qui cherche son minon de-ci, de-là, de droite et de gauche, devant et derrière, et qu’elle ne le trouve pas. Vous pouvez croire si elle pouvait le retrouver : le vent le lui avait laissé (accoulliâi = le sens d’origine est cueillir, mais il est devenu lancer, jeter, le patois sous-entendant la suite de l’action.) sur un gros noyer ; ma foi elle fut bien obligée de s’en revenir sans son minon, et elle le regrettait amèrement, quand bien même qu’il fût usé.
La voici partie. C’est bon ; un peu après arrivait un compagnon qui s’en venait d’Yverdon et qui avait bu un verre (quartetta : chopine de 3-4 dl) à Treycovagnes ; je ne sais pas d’où il était, ils n’ont pas su me le dire. Et ce compagnon qui fumait tout bonnement son brûlot (chétzemoqua : pipe en terre à tuyau très court), s’arrêta court et se dit ainsi : “Mais que diable y a-t-il sur ce noyer ?” On était déjà proche de la nuit, et par le vent qu’il faisait le minon qui était une de ses grands accessoires que portent les dames, pendouillait de-ci de-là, si bien qu’on aurait parié que c’était un grand serpent. Et voici mon gaillard qui s’épouvante et qui se sauve par les prés, courant à grandes enjambées (le patois exprime bien la façon dont il fuit : tan que pau éteindre) ; qui arrive en criant, sans chapeau, le vent le lui avait emporté, et sans son brûlot, il l’avait laissé tomber de peur.
“ Il a douze pieds de long !eh ! Mon Dieu ! Il est sur un gros noyer ; il s’est embusqué là pour sauter sur les gens : eh ! Mon Dieu ! Si je n’avais pas couru par les prés, il m’aurait mangé ! Eh ! La vilaine bête !...”
Et voilà mes braves gens de Mathod qui se mettent à crier et qui veulent sonner le tocsin pour faire venir les gens, pour aller contre la vouivre (vouîvra : animal fabuleux, serpent ou dragon venant des ondes, que l’on retrouve dans de nombreuses légendes de maints pays). “Il y a une vouivre ! Une vouivre, un immense serpent ! Une vouivre ! Entendez-vous !” – Voici une bande de gaillards résolus, sans compter les femmes et les enfants, qui partent de Mathod, avec des fourches (fortzon = petite fourche à deux dents), des faux, des serpes, des fléaux, et je sais quoi d’autres, pour aller tuer la vouivre, qui pendait toujours sur le noyer.
– Crin, crâ, pin, pâ, hardis ! Courage ! Allons ! Pierre Bretton avec ta grande fourche !... Non, laissez-moi aller avec ma faux !... rrau !... et les fourches, les faux, les serpes que l’on (y) jetait contre, tout cela vous faisait une musique, qu’on aurait dit qu’on enchaplait (eintzapllîâ = battre la faux pour amincir le tranchant) toutes les faux du pays... « La voilà en bas ! La voilà en bas ! Vous pouvez compter qu’elle ne re-bougera pas, elle est en quatre morceaux... – Heuh !... Que le diable t’emporte seulement pour une affaire... ce n’est pas une vouivre !... heuh ! Ce n’est pas un serpent... heuh ! C’est un minon que l’on met au cou !... Que le diable t’emporte seulement !... heuh ! C’est le minon de la dame ; vous voyez bien, de la dame... – De quelle dame ? – De la dame qui a le minon en peau de chat, vous voyez bien. – C’est, ma foi, vrai, c’est bien son minon. » - Et le lendemain, ils rapportaient le minon à la dame qui avait un nom, mais je ne veux pas vous le dire... les gens de Mathod vont vous le dire assez, ils se souviennent de l’histoire.
3. Aprî lou Terâdze dé Maôdon dé 1950 de et par Henri Dutoit
Après M. Janin, voici M. Henri Dutoit de Neyruz, près de Moudon, qui parle le patois de la Broye. Il nous dira « Aprî lou Terâdze dé Maôdon », c’est-à-dire « après le tir cantonal de Moudon de 1950 » qui est une pièce en vers, fort malicieuse ma foi, composée par lui-même. Elle sera suivie de « la fable du renard et de l’écureuil », tirée de « Por la veilla » de Marc à Louis.]
| Mâodon s’è fé honneu. L’è pas lou premî yâdzo Que noûtra bouna vela a fé tot cein que faut. Lâi a dzà grantenet que montre dâo corâdzo. N’îrè-te pas l’adzî dâi fiè z’Èta de Vaud ? Lè Monsu de Savoye qu’îrant pas dâi nigaud L’ant binstoû z’âo z’u yu à cô l’avant à fére. Lou Petit Charlemagne, qu’amâve bâire on verro Savâi dâi Mâodounî tenî lè pî âo tsaud. À quauque tein de lé, proûtso de Vilmerguene Lè sordâ dè Mâodon coumandâ pè Cerjat L’ant reincontrâ per lé dâi dzein à pouta mena Que l’ant dû dèguierpî pllie rîdo que dâi tsat. Pâo-t’on, aprî tot cein ître mau èbahià Qu’aussant chè clli Mâodon po lou tir cantonà ? Dâo Dzorat à la Broûye, de tî lè z’einveron, Sant vegnu dâi tireu, veretâblyo luron Que po tot cein que fant meretant onna cotse. Tî lè coup, bin adrâi, dècrotsant la motse. Ah, se Gueliaume Tè revegnâi permi no, De bounheu, farâi fîta mé de quaranta dzo. Quauque z’on, tot parâi, que l’avant la gruletta L’ant manquâ lè carton po tirâ dein lou prâ Âobin, pllie ein amont, dein lou grand boû dâi fâo Peuplyâ de benozî de coucou, de chouette, Dè renâ, d’ètiâiru, d’agasse et de criblyette Qu’ein oûyeint tot d’on coup on parâi dètertin Ant tî fotu lou camp quemet dâi dèratâ. Tîte clliâo pourè bîte îrant moûve de châ. |
Moudon s’est fait honneur. Ce n’est pas la première fois Que notre bonne ville a fait tout ce qu’il faut. Il y a déjà longtemps qu’elle montre du courage. N’est-ce pas le lieu du fier Etat de Vaud ? Les Messieurs de Savoie qui n’étaient pas des nigauds Ont bientôt vu à qui ils avaient à faire. Le Petit Charlemagne, qui aimait boire un verre Savait des habitants de Moudon tenir les pieds au chaud. A quelque temps de là, près de Vilmerguene Les soldats de Moudon commandés par César Ont rencontré par là des gens grimaçant Qui ont dû déguerpir plus vite que des chats. Peut-on, après tout cela être mal étonné Qu’ils aient choisi ce Moudon pour le tir cantonal ? Du Jorat à la Broye, de tous les environs, Sont venu des tireurs, véritables lurons Qui pour ce qu’ils font méritent une coche. Tous les coups, bien adroits, ils décrochent la mouche. Ah, si Guillaume Tel revenait parmi nous, De bonheur, il ferait fête plus de quarante jours. Il paraît que quelques uns, tout pareil qui avaient la grulette (gruletta = tremblote) Ont manqué les cartons pour tirer dans le pré Ou bien, plus en amont, dans le grand bois des fayard (fâo = hêtre) Peuplé de bons-oiseaux, de coucous, de chouettes, (bon-oiseau = oiseau de proie) De renards, d’écureuils, d’agasses et de buses (agasse = pie) Qui en entendant tout d’un coup un pareil vacarme Ont tous foutu le camp comme des dératés. Toutes ces pauvres bêtes étaient trempées de suer. |
| Lè renâ, que lè tsin sant lâo proûtso cousin, L’ant ètâ bin reçu pè lè dzein de Thierrein. Trâineint lâo granta qûva, lè poûro z’ètiâiru Sant parti tot capot tsî lâo frâre à Neyruz. Quand passâvant à Bussy, l’avant rein mé d’accouet L’ant ètâ benhirâo de medzî dâo vincouet. Lè z’agasse et lè pià, avoué lè benozî Sant retornâ tsî leu, quiè dan, à Denezy, Lè bordanne à Vulliein, pu à Chyein, lè coucou, (le « s » initial de Syein est chuinté) Tandu qu’à Vutserein sant z’u lè loutsèrou. Dein lou prâ, lè grelyet, lè ratte et lè derbon Que de pouâire, ant prâo sû attrapâ la riclletta, Sè sant tot assetoû einfattâ dein lâo perte De yô ne chalyetrant pas mé de sta séson. (salyî = sortir, le « s » initial est chuinté)
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Les renards, qui sont des proches cousins des chiens, Ont été bien reçus par les gens de Thierrens. (Le sobriquet patois des habitants de Thierrens est lè Tsin = les chiens) Traînant leur grande queue, les pauvres écureuils Sont partis tout déconcertés chez leurs frères à Neyruz. (Le sobriquet patois des habitants de Neyruz est lè z’Etiâiru = les écureuils) Quand ils passaient à Bussy, ils n’avaient plus rien comme énergie Ils ont été bienheureux de manger du vin cuit. (Le sobriquet des habitants de Bussy-sur-Moudon est lè Medze-vin couë = les Mange–vin cuit) Les agasses et les pics, avec les bons oiseaux Sont retournés chez eux, tien donc, à Denezy,(Le sobriquet patois des habitants de Denezy est lè Bon-Ozi = les Eperviers) Les grosses mouches à Vulliens, puis à Syens, les coucous, (Le sobriquet patois des habitants de Vulliens est lè Taleine = les Frelons et celui des habitants de Syens lè Coucou) Tandis que les chats-huants sont allés à Vucherens. (Le sobriquet patois des habitants de Vucherens est lè Chuvettè = les Chouettes) Dans le pré, les grillons, les souris, les taupes Qui de peur, ont assurément attrapé la riclette, (riclletta = diarrhée) Se sont tout de suite faufilés dans leur trou D’où ils sortiront plus de cette saison.
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Ora, tot l’è botsî. Tsacon,
grand et petit |
Maintenant, tout est fini.
Chacun, grand et petit |
4. Le renâ et l’étiairû de Jules Cordey, dit par Maurice Chappuis
| On galé petit ètiâirû Toz plliein de vya, tot vi, tot dru, La quva hiauta sein vergogne Allâve querî dâi z'alogne. Sè trove prâ pè on renâ… (Porquie lâi a-te de clliâo bîte Que fant dâo mau âi pllie petite?) - Aussî pedhî, mon bon monsu, Vo n'îte pas croûïo, l'è su! Que lâi fâ la bîte rossetta, Laissî mè vivre onco'n'hâoretta. -Riein dâo tot, lâi dit lo renâ, N'é pas lezi de bambanâ. - Eh bin! dèvant de mè reduire Laissî mè dere mè prèïre ! -Tè prèïre? Qu'è-te que cein? - L'è oquie que no fâ dâo bin, Que fâ lo viardzet. Accutâde: Clliâo que dzemelhiant, lè malâdo Que l'ant fauta de soladzî, Lo mî que fant l'è de prèï - Quemet fâ-t-on?- L'è bin facilo: On sè tint dinse bin tranquillo, On djeint lè piaute de dèvant, On âovre adan lé get bin grand Ein guegneint damon dâi z'étâle, Pè lo coutset de clliâo sapalle, La tîta hiauta, bin setâ, Sein budzâî, sein équvatâ, On dit: «Tè qu'a fé lé verdzasse, Lè renâ, lè lâo, lè lemace, I'é ma fâi bin fauta de tè Câ su dein on rîdo papeet.» Lo renâ mourgâre accutâve. La potta d'avau lâi breinnâve. Po sè maquâ de l'ètiâirû Sè sîte su son pètâirû, Djeint lè piaute, lève lè get, Et guegne dâo côté dâo ciè… Mâ l'ètiâirû que sè veillîve Sè ludze…prrt… permi lè pive, Que l'étant su on sapalon Pu fâ dinse âo motset luron: «Clli qu'a fabrequâ lè verdzasse M'a de de tè dere stasse: L'è qu'âme pas lè moquèrant Que de prèï fant asseimblliant.
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Un joli petit écureuil Tout plein de vie et de vigueur, bien portant, La queue haute sans vergogne S'en allait chercher des noisettes. Tout d'un coup, vers un pommier, Il se trouve pris par un renard (Pourquoi existe-t-il de ces bêtes Qui font du mal aux plus petites ?) - Ayez pitié, mon bon monsieur, Vous n'êtes pas cruel, c'est sûr ! Que lui dit la bête rousse Laissez-moi vivre encore une petite heure. - Pas du tout, lui dit le renard, Je n’ai pas loisir de lambiner - Eh bien avant de m'avaler Laissez-moi dire mes prières ! - Tes prières ? Qu'est-ce que c'est que ça ? - C'est quelque chose qui nous fait du bien, Dit l'écureuil. Ecoutez : Ceux qui gémissent, les malades, Qui ont besoin d'être soulagés Le mieux qu'ils puissent faire c'est de prier. - Comment fait-on ? - C'est très facile : On se tient ainsi bien tranquille, On joint les pattes de devant, On ouvre alors les yeux tout grands En regardant par-delà les étoiles, Vers la cime de ces sapins, La tête haute, bien assis, Sans bouger, sans agiter la queue On dit : "Toi qui a créé les écureuils, Les renards, les loups, les limaces J'ai ma foi bien besoin de toi Car je suis dans une belle papette" (papette = sens premier : bouille, boue ; ici : dans le pétrin) Le renard moqueur écoutait. La lèvre du bas toute tremblante. Pour se moquer de l'écureuil Il s'assied sur son postérieur Joint les pattes, lève les yeux Et regarde du côté du ciel Mais l'écureuil qui se veillait (se veiller = faire attention) Se glisse - prrt - parmi les pives, (une pive = une pomme de pin) Qui étaient sur un sapin Puis dit ainsi au luron déconfit : "Celui qui a créé les écureuils M'a dit de te dire ceci : Il n'aime pas les moqueurs Qui font semblant de prier. |
5. L’orgolhiâo de Jules Cordey, dit par Henri Dutoit (sans texte)
Mesdames et Messieurs, nous terminerons cette émission par trois jolis morceaux de Marc à Louis, dits par M. Maurice Chappuis, de Carrouge, dans le canton de Vaud. Ce seront dans l’ordre : « L’orgolhiâo », une fâble ; « la pluie, la piodze », la poèsie et « le prevolet et lo bon craizu » qui est aussi une poésie.
| L’orgolhiâo | L’orgueilleux |
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On piâo l’ètâi zu èlèvâ Qu’a-te gagnî noûtron
fièraud |
Un pou était élevé Qu’a-t-il gagné notre
fiérot |
6. La piodze de Jules Cordey, dit par Maurice Chappuis
| La piodze | La pluie |
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Noutra fèmala ne savâ
On demâ de la mi-juillet La Luise qu'avâi tot oïu |
Notre dame ne savait Un mardi de la mi-juillet La Louise qui avait tout
entendu |
7. Le prevolet et lo craizu de Jules Cordey, dit par Henri Dutoit (sans texte)
| Le prevolet et lo craizu |
Le papillon et la lampe |
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« Fais bien attention, mon
beau garçon ! » |
| A vo biau valottet et galéze fèmalle Ie dio : « Vo faut restâ dè coûte clliâo sapalle Dâo biau canton de Vaud, au mâitet de clliâo prâ. Lé on pâo bin sèyî, lé on pâo bin aryâ, On lâi vit benhirâo. Veni pas pè la vela Iô tote lè couzon vo cheîdant à la fela : Misère, maladi, einnoyondze, travaux Que vo fant châ bin mé qu’on châvè à la faux. La vela l’è por vo lo craizu que l’attîre Lè poûro prevolet. Et cllia vela sè vîre Contre vo, mè z’ami. Soupye adî on bocon ! Mimameint bin soveint ie vo bourle à tsavon ! (prononcé ici mimamè) |
A vous beaux garçons et jolies filles Je dis : « Il vous faut rester à côté de ces sapins Dans le beau canton de Vaud, au milieu de ces prés. Ici on peut bien faucher, ici on peut bien traire, On y vit bienheureux. N’allez pas à la ville Où tous les soucis vous suivent à la file : Misère, maladies, ennuis, travaux Qui vous font suer bien plus que l’on suait à la faux. La ville c’est pour vous la lampe qui attire Le pauvre papillon. Et cette ville se tourne Contre vous, mes amis. Elle roussit toujours un peu ! Même bien souvent elle vous brûle entièrement ! » |
Mesdames et Messieurs vous avez entendu notre émission consacrée au patois vaudois, dit par MM. Janin à Montheron, Dutoit à Neyruz et Chappuis à Carrouge. Dans quinze jours, soit le 20 juin, une émission pour nos amis valdôtains. Pour les patoisants du Jura, nous avons pu nous arranger pour obtenir, du fait des vacances de Radio Genève, les samedis intermédiaires. Ainsi pourrons-nous passer à la suite, chaque samedi, les quatre actes de la pièce enregistrée à Ste-Ursanne : « la crêche » de Joseph Badet, le très actif président du groupement Vadet. Donc, en juillet, chaque samedi, dès le 4, du patois jurassien. Après quoi, Radio Lausanne consacrera une émission spéciale au 1er août. Puis ce seront les vacances de notre studio et la reprise de nos émissions patoises est fixée au 29 août, jour de la fête annuelle des patoisants valaisans. Cela sera donc le samedi et le dimanche. Nos bons vœux pour la réussite de la fête des Valaisans !
Médiathèque-Valais - Martigny, 2004