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1. Les Archives
sonores, présentation et introduction de Fernand-Louis Blanc
2. Les souvenirs d’enfance du Pasteur Louis Goumaz, dit par
Louis Goumaz
3. La parabole du semeur du Pasteur Louis Goumaz, dit par
Maurice Chappuis
(4. Les émissions de patois, présentation de Charles Montandon)
5. Le Tsanta-Dyu di j’armalyi d’intye-no (Le
chante-à-Dieu des armaillis de chez nous) de Joseph Bovet, dit par Henri
Clément
6. L’observation du dimanche de et par Paul Chollet
7. Nouthra Dona di Mârtsé de Jospeh Bovet, chanté par le
Maîtrise de Granvillard
1. Les Archives sonores, présentation et introduction de Fernand-Louis Blanc
Mesdames et Messieurs, chers amis patoisants.
On vous l’avait annoncé il y a
huit jours, cette émission intitulée « Pour le Noël des Patoisants ».
Avant d’exposer le programme [de cette émission], il me faut vous [je vais vous]
donner un renseignement précieux :
Nous avons, au cours des [de ces] six derniers mois, étudié et réalisé la
création de nos « archives sonores. », qui porteront désormais le titre de «
archives sonores des parlers de la suisse romande et des régions voisines », [ou
plus commodément donc « archives sonores ».]
Les statuts [en] ont été établis au cours d’une séance laborieuse, [tenue la semaine dernière].
[Et ces statuts] ils seront prochainement ratifiés, [nous l’espérons], par le Conseil des Patoisants et par la direction de la Radio Lausanne.
Voilà où le mouvement de réveil de nos patois a su et pu nous conduire !
Persuadé d’avoir fait un bon ouvrage pour la cause, grâce au Conseil des Patoisants romands qui a permis de grouper les efforts, à Radio Lausanne qui a mis à disposition ses puissants moyens, à Pro Helvetia qui nous soutient [de ses deniers], grâce aussi à M. Ernest Schüle et au glossaire qui ont aidé [appuyé] le mouvement depuis [dès] le début, nous sommes heureux de [pouvoir] mettre sous toit l’institution des Archives sonores, [cela précisément] sous le signe de ce Noël 1955, [date dont j’espère vous vous souviendrez].
[Chers amis patoisants,] le programme de travail pour les années à venir est déjà tracé dans ses grandes lignes. Il est copieux, on peut m’en croire. Nos émissions, pour le surplus, continueront comme précédemment. Je prie, en passant, tous les groupements et particuliers qui ont des textes à présenter, des chansons [et] ou des chœurs qui sont sus, de bien vouloir m’en informer pour le début de l’an prochain, car il nous faut établir, assez à l’avance, les itinéraires de nos cueillettes radiophoniques.
Voilà après ces bonnes nouvelles, passons à l’émission non sans que je vous aie réitéré mes voeux très cordiaux pour ce Noël, et pour l’An nouveau. Bon an, patoisants !
Voici le programme de notre émission; dans un premier temps vous allez entendre [vous entendrez les] Souvenirs d’enfance et La [une] parabole du semeur du [de feu le] pasteur Goumaz, puis le Tsanta dyu de Joseph Yerli, dit pas Henri Clément et le sermon de la messe diffusée de Notre-Dame de la Compassion à Bulle du 13 mars 1955, ce sermon [sur la charité] étant fait par le curé Chollet de [Grandvillars] Grandville. Notre émission se terminera par le chœur de Bovet, Nouthra dona di mârtsé, [qui avait été] enregistré dans les mêmes circonstances à Bulle.
Vous allez entendre [maintenant, Mesdames et Messieurs], une page des Souvenirs d’enfance du pasteur Goumaz, décédé en 1953. Le pasteur Goumaz était docteur en théologie, professeur à l’université.
Cet écrivain écrivait et parlait le patois de la Broye vaudoise. On sait qu’il a, entre autre, traduit les Paraboles du Christ, cela de manière admirable.
Il est l’auteur de chants, de poèmes, de pièces de théâtre…[C’était un homme d’une franchise redoutable. Néanmoins il a laissé un très durable souvenir dans le cœur de tous ceux qui l’ont approché, et ils sont légion.]
Voici donc [feu] le pasteur Goumaz, qui vous présente une page de ses souvenirs d’enfance. Nous nous excusons de la qualité légèrement défectueuse de cet enregistrement, qui n’est que la reproduction d’un disque existant depuis fort longtemps.
La parole est au pasteur Goumaz :
2. Les souvenirs d’enfance du Pasteur Louis Goumaz, dit par Louis Goumaz
3. La parabole du semeur du Pasteur Louis Goumaz, dit par Maurice Chappuis
[Cette une erreur trop répandue que de croire que le patois ne sert à exprimer que des gaudrioles, ou des « gandoises » comme on dit. Bien au contraire il est à même de rendre les pensées les plus élevées. Et un de nos pasteurs a voulu en faire la preuve. Monsieur le docteur Louis Goumaz, ancien professeur de théologie, a en effet traduit en patois du Jorat les paraboles du Christ et le sermon sur la montagne. Cet ouvrage a paru récemment, préfacé par Monsieur le professeur Henri Perrochon, président des écrivains vaudois. Et il a remporté le plus franc succès, alors qu’au siècle passé, en voulant tenter un essai identique, Favraz était taxé de profanateur par les Pharisiens du siècle. Après tout, Christ prêchait en patois araméen et non en Hébreux. Ce qui fait que ces paraboles traduites en patois ont retrouvé leur sens profond, elles en sortent comme vivifiées. Sait-on que l’antique version grecque de la Bible traduit le verbe bavarder exactement comme le patois vaudois batoiller ? Le pasteur Goumaz a eu la plume heureuse en revenant au plus ancienne version.
Voici, dite par M. Maurice
Chappuis de Carrouge-Le-Jorat, la parabole du semeur, lou voignard. Je
n’en dit pas davantage, la traduction étant assez fidèle pour que chacun puisse
la suivre facilement.]
4. Les émissions de patois, présentation de Charles Montandon
5. Le Tsanta-Dyu di j’armalyi d’intye-no (Le chante-à-Dieu des armaillis de chez nous) de Joseph Bovet, dit par Henri Clément
[M. Henri Clément de Fribourg, mais originaire d’Ependes, présente un poème inédit du Chanoine Joseph Bovet, Le chante-à-Dieu des armaillis de chez nous. C’est un armailli qui, le soir, grimpe sur une éminence et chante cette prière où sont invoquées le trois personnes divines, puis la Sainte Vierge et Saint Joseph. Il évoque ensuite les Saints protecteurs des troupeaux, Saint Roch et Saint Garin et les anges des vanils, qui gardent les pâturages. Il prie pour ceux de l’alpe, pour ceux d’en-bas, pour les jeunes et pour les vieux, pour les vivants et pour les morts. Bovet traita ce thème après l’avoir entendu d’un armailli des petits cantons. Il devait entrer dans un opéra, mais hélas le bon chanoine mourut trop tôt.]
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« A » Tot’amon chu l’vani Bèni chê Dyu le Pér’ Bèni chê l’Chint’Echpri, Bèni chê achebin
Bèni
chê chin Dzojè, Bèni chê achebin Hou
d’amon, hou d’avô : Krêyo
prâ k’l’yé to de, « B » I vu onko, portan, |
« A » Tout en haut sur le vanil Béni soit Dieu le Père
Béni soit le Saint-Esprit Bénie soit aussi Béni soit Saint Joseph, Bénis soient aussi Ceux de l’alpe, ceux d’en
bas, Je crois que j’ai tout
dit, Je veux pourtant encore |
6. L’observation du dimanche de et par Paul Chollet
Après cet admirable Chante-à-Dieu de Joseph Yerli [de Trévaux] dit par Henri Clément, voici le sermon sur la charité, diffusé lors de la retransmission de la messe du 13 mars 1955 et dit par le curé Chollet de Grandvillard. Grâce à l’obligeance du père gardien des Capucins de Bulle, cette retransmission a pu se faire à Notre-Dame de la Compassion pour la plus grande [et intime] joie des patoisants romands, heureux d’entendre louer Dieu dans l’un de nos vieux parlers.
Ecoutez donc le curé Chollet de
Grandvillard, puis la Maîtrise de ce village chantant Nouthra Dona di mârtsé.
7. Nouthra Dona di Mârtsé de Jospeh Bovet, chanté par le Maîtrise de Granvillard
Nouthra Dona di Maortzè ! Noutha Dona di Maortzè ,
No jan bin réjon dè no réfiâo chu vo
Po no j’apoyi din lè crouyo momin;
Pri dè vouthron Fe, vo fô préyi por no,
Pu no ti vouèrdao din le bon tsemin.
Nouthra Dona di Maortsè ! Nouthra Dona di Maortsè !
1. N’in d’a
dza prou pachâodin vouthra tsapalèta, Di
dzin ke lyan préyi, dè hou ke lyan plyorao ; Chu
vouthron bi l’ouch-tao, vo léchon pao cholèta, Hou
ke l’yan dou pochyin i vinyon vo tyirao.
2. Vinidè no
j’idyi, no j’in dan rido fôta Po
fére totèvi, bin adrè, chin que fô ; No
chinblyè kotiè kou k’la yè liè bin tan hôta, Ke
no porin djêmé grépi tantyè lé hô.
3. Kan no
fudrè muri, lyè vo k’vo fô no prindre, No
vo j’an tan è tan de k’vu fô pâo no j’oublyao; Du
ink’ pâo tru grantin, léchi dè no atindre, Dè
van le Paradi, chin li no fér’a intrao !
Médiathèque-Valais - Martigny, 2005